Le terme de "papauté" est à utiliser avec prudence.
A l'origine : il s'agit de l'évêché de Rome qui se constitue en Eglise de Rome.
La primauté du pape sur l'ensemble des chrétiens d'Occident est une construction lente.
Cette construction aboutit à la "papauté".
I. L'Eglise de Rome : un évêché pas comme les autres.
-Le pape est d’abord :
-prêtre,
-puis évêque de Rome.
-Le pape a en charge :
-l’église cathédrale du Latran, construite par l’empereur Constantin et dédiée au Sauveur puis à Jean l’évangéliste[1],
-la basilique extra muros du Vatican, construite au VIe s, et, par la suite, plusieurs fois reconstruite et agrandie.
Le pape est aidé de :
-7 diacres palatins pour les offices pontificaux du Latran,
-12 diacres régionnaires chargés de la gestion du temporel et de la charité.
-Le pape n'a qu'un pouvoir d'évêque.
Grégoire le Grand (590-604) se nomme lui même « serviteur des serviteurs de Dieu ».
=évangile de Marc (10, 44).
Cela manifeste son humilité mais aussi la réalité de son statut.
-Le pape est un évêque élu par :
-le clergé,
-le peuple de Rome.
L’empereur byzantin doit confirmer l’élection.
-Aux Ve-VIe s : Le pape exerce son pouvoir sur Rome et ses environs.
Puis son influence du pape s’étend sur :
-Rome,
-le Latium,
-la Sabine,
-une partie de l’Italie centrale,
-l’Italie méridionale,
-la Sicile.
-Le métropolitain est un évêque qui a une autorité d’honneur.
Il dispose d’une juridiction d’appel.
Il réunit les autres évêques en synode provincial.
Il est le primus inter pares.
-L'évêché de Rome relève de l'Empire byzantin.
VIe s : L’empereur byzantin Justinien (527-565) reconquiert l’Italie soumise aux Goths.

-L'évêché de Rome est soumise à l'autorité de l'empereur.
Justinien réaffirme le pouvoir religieux de l’empereur en Italie.

Mosaïque. Basilique Saint Vital de Ravenne. VIe s.
553 : Le concile de Constantinople réaffirme que rien ne peut se produire dans l’Église sans l’approbation de l’empereur.
Justinien affirme que :
-l’empereur est seul source de loi,
-l’Église n’a de compétence qu’en matière de foi.
L’autorité de l’empereur s’étend jusque dans la désignation du pape.
555 : Justinien fixe les modalités de l’élection du pape :
-la vacance doit être notifiée à l’exarque de Ravenne,
-l’élection a lieu 3 jours après les funérailles,
-le corps électoral est constitué du haut clergé romain et de la noblesse laïque,
-un avis doit être envoyé à Constantinople,
-l’empereur doit donner son accord.
684 : L’exarque reçoit l’autorisation de confirmer lui-même l’élection.
L’empereur se donne le droit de déposer le pape.
-Le pape et l'empereur entretiennent des rapports conflictuels.
Ex : sous Grégoire le Grand.
Le pape s'affirme comme le successeur de l'apôtre Pierre.
Le pape possède une autorité morale sur tous les évêques.
Léon Ier (pape de 440 à 461) se présente comme le "vicaire" du Christ.
Sa formule reste inemployée jusqu'au XIIe s.
Mais le pape est reconnu comme patriarche d'Orient et d'Occident.
L’incompréhension est d’abord linguistique : la chrétienté latine ignore le grec.
L’incompréhension est religieuse :
-Les Grecs acceptent le mariage des prêtres, ce que refusent les Latins,
-Le concile de Braga de 675 ajoute une précision au Credo : l’Esprit Saint procède du Père « et du Fils ». Cette idée est admise d’abord par l’Église franque puis par la papauté mais est refusée par l’Église byzantine.
La papauté refuse le pouvoir du souverain byzantin.
II. L'Eglise de Rome s'émancipe.
-La papauté se sent menacée par :
-les Ostrogoths,
-les Lombards, malgré leur conversion au catholicisme.
Elle recherche des appuis politiques en occident.
-Les papes Zacharie (741-752) puis Étienne II (752-757) demandent l’aide des rois francs.
751 : Le maire du palais Pépin le Bref :
-est reconnu roi par les grands du royaume,
-reçoit l’onction des évêques.
L’onction fait référence à l’onction reçue par Saül de Samuel.
Elle fait de Pépin « l’oint du Seigneur ».
754 : Le pape Étienne II demande protection à Pépin.
En échange : il lui accorde le titre de « Patrice des Romains » qui reconnaît Pépin comme le protecteur de Rome.
-Charlemagne est le fils et le successeur de Pépin.
774 : Charlemagne veut se rapprocher de la papauté.
Il souhaite entreprendre une réforme de l’Église.
Pour cela : il a besoin d’une reconnaissance de la part de l’Église.
Aussi se proclame-t-il roi d’Italie.
Le pape Adrien reconnaît sa souveraineté.
Charlemagne intervient régulièrement dans les affaires politiques de la papauté.
-Un événement décisif : l’intervention de Charlemagne en faveur de Léon III.
Le pape Léon III est un pape contesté car il est issu de la bureaucratie du Latran et non de l’aristocratie romaine.
799 : Léon III est fait prisonnier par des aristocrates romains.
Des accusations de parjure et d’adultère sont portées contre lui.
Il est délivré par des envoyés de Charlemagne.
Il doit être jugé.
Il ne peut l’être que par l’empereur.
Or l’empereur byzantin vient d’être déposé par sa mère Irène.
Charlemagne accepte la restauration de l’empire d’Occident.
-Les papes sacrent les nouveaux empereurs d’Occident.
25 décembre 800 : Charlemagne est sacré empereur dans la basilique Saint-Pierre de Rome.

Miniature du XIVe s.
28 janvier 814 : Mort de Charlemagne.
Le titre impérial est individuel.
11 septembre 813 : Louis le Pieux, le seul fils survivant de Charlemagne, est associé au pouvoir par son père.
Il est sacré à Aix-la-Chapelle.
Le sacre confère la possibilité de commander aux chrétiens.
Il fait du souverain l’« oint », le choisi de Dieu.
Les empereurs peuvent désormais imposer leur politique religieuse dans le cadre d’un empire à vocation universelle.
-863 : Le pape Nicolas Ier condamne les erreurs théologiques des Grecs.
Il suspend le patriarche byzantin Photius.
Photius ne se soumet pas à la décision de Nicolas Ier.
Il rédige un catalogue des erreurs latines qu’il envoie aux patriarches orientaux.
Il annonce un synode pour juger Nicolas Ier.
Été 867 : le synode de Constantinople décide l’excommunication de Nicolas Ier.
Novembre 867 : Nicolas Ier meurt avant d’avoir été informé.
-Le pape Léon IX cherche à étendre l’influence de Rome.
1049 : Il préside le concile de Reims qui assure que le pape est le seul primat apostolique et universel.
-Le patriarche byzantin, Michel Cérulaire (1043-1058), est hostile aux Latins.
1053 : Il fait fermer les églises latines et confisque les monastères latins de Constantinople.
Il reprend la querelle avec l’Eglise latine.
Léon IX réplique en affirmant la primauté de la papauté sur le patriarche de Constantinople.
-1054 : Léon IX cherche à s’entendre avec le patriarche byzantin.
Il envoie une délégation à Constantinople.
Elle est composée de :
-Humbert de Moyenmoutier,
-Frédéric de Lorraine,
-Pierre d’Amalfi.
La rencontre est un échec.
19 avril : Léon IX meurt.
16 juillet 1054 : Humbert de Moyenmoutier dépose un anathème concernant Michel Cérulaire.
En retour, Cérulaire lance un anathème sur les légats.
Le dialogue est interrompu.
Il est définitivement rompu en 1204 lorsque les croisés pillent Constantinople.
-Le pape Jean XII se sent menacé.
Il craint d’être assujetti à une puissance italienne extérieure à Rome.
Il cherche un protecteur militaire.
Il fait appel au roi de Germanie Otton Ier.
Deux raisons :
-Celui-ci est le souverain le plus puissant,
-Il a l’ambition de restaurer l’empire.
L'Eglise de Rome passe sous le contrôle de l’empire.
-2 février 962 : Otton est couronné empereur.
13 février : Otton lui accorde un privilège : l’Ottonianum.
Le texte comporte deux aspects :
-le 1er est territorial,
=il confirme les propriétés papales.
-le 2nd est politique,
=le pape doit prêter serment à l’empereur.
La souveraineté du pape est niée par l’élévation d’Otton à l’empire.
Les empereurs vont favoriser l’accession au pouvoir pontifical de « papes allemands ».
Sur 25 papes, de 955 à 1047, 12 sont désignés par l’empereur.
Victor II (1054-1057) est le dernier évêque germanique à devenir pape.
-1057 : Le haut clergé romain élit l’abbé du Mont-Cassin, Frédéric de Lorraine.
Frédéric prend le nom d’Étienne X.
La régente impériale, Agnès, n’est prévenue que post factum.
-L’aristocratie romaine cherche à imposer ses candidats à l’élection pontificale.
5 avril 1058 : Benoît X est élu.
Le haut clergé romain lui reproche d’avoir été imposé par l’aristocratie romaine.
24 janvier 1059 : un concile réuni à Sienne dépose Benoît X.
L’évêque de Florence est élu.
Il prend le nom de Nicolas II (1059-1061).
Il réunit aussitôt un synode à Rome.
Le synode définit la nouvelle procédure de l’élection pontificale.
Il affirme que :
-Le candidat doit être élu librement par les cardinaux,
-Aucune autorisation ou confirmation d’investiture n’est à demander à l’empereur.
III. L'Eglise de Rome affirme sa puissance.

-Ve s : L'Eglise de Rome détient des biens fonciers sans juridiction :
-dans le Latium,
-en Sicile,
-en Calabre,
-en Illyrie.
Cette possession ne confère pas au pape la juridiction qui relève de l’empereur.
-Entre 757 et 767, sous le pontificat de Paul Ier, la papauté rédige la fausse donation de Constantin.
Le texte comporte 2 parties :
-la 1ère est narrative ; elle rapporte la conversion de l’empereur Constantin,
-la 2nde se présente comme un acte de donation ; Constantin aurait donné le palais du Latran, Rome et tout l’occident à Sylvestre Ier.
Le texte circule à partir de la 2e moitié du IXe s.

Fresque anonyme du XIIe s. Basilique des Quatre Saints couronnés de Rome.
-L’Eglise de Rome revendique la souveraineté sur toute l’Italie.
Le pape veut bénéficier de la disparition de l’exarchat de Ravenne en 751.
Il obtient de succéder au duc byzantin de Rome.
-La papauté hérite d'une conception biblique et grecque du politique.
L'apôtre Paul affirme que tout pouvoir vient de Dieu.
Jean Chrysostome, dans ses Homélies sur Osias ( le roi biblique qui voulut être à la fois prêtre et roi) se montre hostile à la dimension religieuse du pouvoir royal.
Il affirme la séparation des rôles :
-le roi a en charge les corps,
-les prêtres ont en charge les âmes.
494 : Le pape Gélase (492-496) écrit à l’empereur byzantin, Anastase.
Il affirme que le monde est gouverné à la fois par :
-l’autorité du pape,
-la puissance du souverain.
Il définit la tâche du pape comme gouvernement de l’Église universelle.
Le pape ne peut être dirigé par quiconque.
-Progressivement, la papauté affirme :
-le droit du pape à juger en dernier ressort,
-le droit du pape à démettre un évêque.
=le pape s’attribue les pouvoirs jusque là réservé au concile.
-3-4 mars 1075 : Grégoire VII fait rédiger le Dictatus papae.
=série de 27 propositions.
La papauté affirme que :
-le pape possède la suprématie sur tous les autres détenteurs de pouvoirs, laïcs ou ecclésiastiques,
-le pape a le pouvoir de déposer l’empereur.
-La papauté affirme que :
-Le pouvoir spirituel revient à la papauté.
-Le pouvoir temporel revient au prince qui a pour charge de conduire son peuple vers le salut.
Les deux pouvoirs sont complémentaires : c’est la « théorie des 2 glaives ».
Cette théorie s’appuie sur l’opposition des 2 communautés humaines, terrestre et céleste, développée par Augustin d’Hippone dans La Cité de Dieu.
Mais la papauté s’emploie à désacraliser le pouvoir temporel.
Elle intervient dans les affaires politiques.
-L'Eglise de Rome crée la curie.
La curie est organisée sur le modèle de la familia.
Elle regroupe tous ceux qui participent à l’organisation quotidienne de la papauté : prêtres, diacres, juristes...
Un groupe domine : celui des cardinaux.
Il s’est constitué progressivement :
-fin VIIe s : les 28 prêtres responsables des églises de Rome sont associés au pouvoir pontifical et deviennent cardinaux,
-sous Étienne III (768-772) : les 7 évêques de la région suburbicaire de Rome (d’Ostie, Albano, Porto, Silva Candida, Palestrina, Tusculum, de Sabine) deviennent cardinaux, bien que d’abord cantonnés à un rôle liturgique,
-VIIIe s : les diacres, répartis dans les églises de Rome, sont associés au pouvoir mais ne sont appelés officiellement « cardinaux » qu’au XIIe s.
Il existe donc 3 groupes de cardinaux qui forment le Sacré Collège.
-Urbain II (1088-1099) constitue un conseil.
Il réunit les cardinaux qu’il réunit 2 fois par semaine en consistoire.
Urbain II lui soumet les excommunications qu’il envisage.
L’autorité des cardinaux ne fait que s’accroître.
Au XIIIe s : Le consistoire est essentiellement une cour de justice.
-L'Eglise de Rome développe et impose le droit canon.
Jusqu’au XIIe s : Elle ne possède que des recueils confus et contradictoires.
Ses sources sont les essentiellement les œuvres conciliaires.
XIIe s : Gratien rédige un Corpus qui permet à la papauté de posséder les outils juridiques dont elle a besoin.
Cette œuvre aurait été rédigée en une fois (peut être deux fois car le texte a connu de manière certaine des ajouts postérieurs) vers 1140.
Gratien réunit 3 types de sources :
-les actes des conciles,
-les écrits des Pères,
-les décrétales (=réponses apportées par le pape à des questions précises, souvent posées par des évêques).
Gratien :
-fournit les textes utiles,
-les commente.
Son Corpus adapte le droit romain au droit de l’Église.

Décret de Gratien avec les gloses de Barthélémy de Brescia. Bibliothèque numérique d’agglomération de Saint-Omer.
-Innocent III développe une « théologie de la primauté de Pierre ».

Fresque du cloitre Sacro Speco. Auteur inconnu. Vers 1219.

Relief de la cathédrale Saint-Pierre de Trêves. Xe-XIIIe s.
Source : https://histoiresduniversites.files.wordpress.com/2017/03/p1010379.JPG
Innocent III reprend la formule inemployée de Léon Ier.
Il affirme la primauté du pape, vicaire du Christ.
Jusque là : seuls les rois et les prêtres se désignaient comme « vicaires du Christ ».
Innocent III revendique cette appellation pour le pape seul.
-Innocent III affirme la primauté du pouvoir du pape face aux évêques et aux souverains :
-face aux évêques, il soutient la primauté de Pierre sur les autres apôtres,
-face aux souverains, il soutient que le pape est le successeur du Christ.
Innocent III revendique d’exercer seul l’autorité législative et judiciaire.
-12 novembre 1199 : Innocent III évoque l’infaillibilité des successeurs de Pierre dans une lettre au patriarche de Constantinople.
Il réinterprète Luc 22, 32
Il rompt avec l’idée traditionnelle que l’infaillibilité revient à l’ensemble de l’Église.
Il affirme que le pape a autorité sur les conciles.
Dorénavant : le pape entend contrôler les Églises locales.
IV. La papauté affronte les pouvoirs temporels.
-XIVe s : Philippe veut être le chef de son Église.
Philippe le Bel est le roi le plus puissant d'occident.
Il s’appuie sur sa parenté avec Louis IX dont il obtient la canonisation.
Il veut étendre sa juridiction sur les seigneuries ecclésiastiques.
Les évêques et les moines sont aussi des seigneurs temporels.
Mais ceux-ci revendiquent l’autonomie au nom de l’immunité ecclésiastique.
Le concile de Latran IV de 1215 interdit aux souverains de soumettre les terres de l’Église à l’impôt.
-Philippe le Bel a besoin d’argent pour financer ses guerres.
1294 : Il décide la levée d’une décime (=1/100e).
Janvier 1296 : Il décide la levée d’1/50e.
L'Eglise s'oppose.
La querelle se déclare alors que le royaume de France et la papauté sont plutôt en bons termes.
-25 décembre 1294 : élection de Benoît Gaetani sous le nom de Boniface VIII.
Ancien chanoine de Lyon.
Passe pour être favorable au roi de France.
24 février 1296 : Boniface VIII promulgue la bulle Clerici laicos qui excommunie tous ceux qui demande des subsides au clergé sans autorisation papale.
Le royaume de France n’est pas cité.
-Philippe le Bel considère l’intervention du pape comme une intrusion dans le droit féodal.
17 août : Philippe interdit les sorties d’argent de France.
Le pape est privé de ses revenus.
Les 1ers libelles paraissent contre le pouvoir pontifical.
Ex : L’Antequam essent clerici affirme que :
-l’immunité fiscale des clercs est indigne,
-l’attitude du pape est un crime de lèse-majesté envers le roi de France.
1297 : Philippe le Bel fait déclarer à 2 légats pontificaux que le gouvernement temporel de son royaume n’appartient qu’à lui.
7 février 1297 : Boniface VIII promulgue la bulle Romana Mater Ecclesia qui reconnaît au roi le droit de lever des subsides sur l’Église.
-La papauté protège Bernard Saisset.
Bernard Saisset=abbé de Saint-Antonin de Pamiers, dans le Languedoc.
Devient évêque de Pamiers en 1295.
Il se plaint des empiètements des officiers royaux.
Il organise un complot contre Philippe le Bel.
1301 : Il est conduit devant le roi.
-5 décembre 1301 : Boniface VIII promulgue la bulle Ausculta fili, qui affirme le droit du pape à être seul juge d’un évêque.
Philippe le Bel exile Bernard Saisset qui se réfugie à Rome.
18 novembre 1302 : Il promulgue la bulle Unam sanctam qui affirme :
-que les princes sont institués par le pape,
-que la soumission au pape est nécessaire à tous pour garantir le salut.
Boniface VIII envisage la déposition de Philippe le Bel.
-Guillaume de Nogaret organise la défense du roi.
Il souhaite que le pape comparaisse devant un concile pour :
-y être jugé pour illégitimité et hérésie,
-y être déposé.
Philippe le Bel refuse d’abord puis se rallie au projet de Guillaume.
Septembre 1303 : Guillaume de Nogaret se rend à Rome pour assigner le pape à comparaître.
8 septembre 1303 : Guillaume :
-lit au pape le réquisitoire dressé contre lui,
-le met en état d’arrestation,
-lui annonce son transfert pour Lyon.
="attentat d’Anagni".
La population d’Anagni empêche Nogaret d’emmener le pape.
11 octobre 1303 : Mort de Boniface VIII.
Elle permet à Philippe le Bel d’échapper aux conséquences de l’outrage.
22 octobre 1303 : Election de Niccolo Boccasini sous le nom de Benoît XI.
-L'Eglise s'oppose au développement du droit romain.
Redécouvert dans la 2e moitié du XIIe s.
Le droit romain affirme la pleine souveraineté du prince.
Il ne dit cependant rien sur l’origine et le fondement du pouvoir.
-La papauté doit faire face à une nouvelle conception de la société.
Au XIIIe s : la redécouverte des œuvres d’Aristote permet de développer :
-une conception naturelle de la société,
-une conception laïque de l’État,
-l'idée d’un bien commun indépendant de tout idéal eschatologique.
Le pouvoir revient au prince et non au pape.
-Les philosophes du XIVe s théorisent le désir d’affranchissement.
Entre 1308 et 1309 : Dante rédige son traité De monarchia.
Il relance l’idée d’un empire universel soumis à un prince.
Vers 1324 : Marsile de Padoue publie le Defensor pacis.
Il affirme :
-que le pouvoir pontifical n’a aucun fondement : ni spirituel, ni temporel.
-que le pouvoir est entièrement laïc,
-que le clergé doit être soumis au prince.
-1329 : Jean XXII promulgue la bulle Quia vir reprobus.
Il réaffirme la théorie traditionnelle de la royauté universelle du Christ.
Mais il ne peut empêcher les États de profiter des faiblesses de l’Église pour s’en affranchir.
Les États renforcent leur administration et imposent leur conception d'un pouvoir centralisé.
XIVe s-début XVe s : La papauté perd une partie de son pouvoir face aux États.
Celui-ci n’est plus que spirituel.
Jean-Marc Goglin (Ph D)