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Ecoles et universités

VIIIe s : Charlemagne fait le constat d'une grande ignorance cléricale.

Seule une minorité de clercs connaît convenablement le latin.

Beaucoup sont incultes.

Ex : un prêtre bavarois qui baptise au « nom de la patrie et de la fille ».

Le salut du peuple chrétien est en danger.

Charlemagne impose une politique scolaire.  

XIIe s : La mutation urbaine entraine une mutation du cadre scolaire.

La papauté  entend désormais contrôler les lieux d'enseignement.

 

 

I. VIIIe s : L'essor carolingien.

 

  • Le développement de l’enseignement et de la culture savante.

 

-Charlemagne a la volonté :

  -de faire enseigner le latin,

  -de développer l’écriture.

Maîtriser le latin permet :

  -d’accéder à la compréhension de la Bible,

  -de prêcher convenablement.

 

-Les écoles enseignent :

-le latin, appris dans le Psautier,

-les 7 arts libéraux définis par Martianus Capella :

                                               -le trivium : grammaire, rhétorique, dialectique,

                                               -le quadrivium : arithmétique, géométrie, musique, astronomie.

                        =base à tout autre enseignement, notamment biblique.

 

Les sept arts libéraux dans l'Hortus deliciarum d'Herrade de Landsberg, 1180.

 

Le modèle de l’enseignement est donné par le De Doctrina christiana d’Augustin d’Hippone.

Le contrôle des connaissances est oral.

 

  • Des maîtres rigoureux parfois innovants.  

 

-Raban Maur (783-856).

Moine de Fulda.

Reçoit son éducation d’Alcuin.

Devient écolâtre de Fulda.

Rédige :

  -des ouvrages de didactique : De la Grammaire…,

  -un manuel sur la formation du clergé : Sur l’institution des clercs.

Sa maîtrise des autorités patristiques et son sens de l’exposition fondent son autorité.

822-842 : abbé de Fulda.

847-856 : évêque de Mayence.

 

-Jean Scot Érigène (v810-870).

Rejoint vers 846-847 la cour itinérante de Charles le Chauve.

Devient maître à l’école palatine.

S’y révèle le maître le plus innovant de la période carolingienne.

851 : Il rédige à la demande d’Hincmar, archevêque de Reims, son traité De divina Praedestinatione.

Il y réfute l’idée d’une double prédestination et y affirme que le péché est une fuite vers l’impossible car le pécheur ne peut atteindre le néant auquel il aspire.

Son traité est condamné par :

                        -le concile de Valence de 855,

                        -le concile de Langres de 859.

860-862 : Il retraduit les œuvres grecques de Denys l’Aréopagite transmises en 827 par le basileus Michel III à Louis le Pieux.

862-866 : Il traduit des œuvres de Maxime le Confesseur et de Grégoire de Nysse.

Il rédige son œuvre majeure : le Periphyseon ou De divisione naturae.

Il y affirme que Dieu est la fin vers laquelle tend toute chose.

Son œuvre s’inspire de Maxime le Confesseur.

Il commente la Hiérarchie céleste de Denys.

L’œuvre de l’Érigène est soupçonnée de panthéisme.

Elle est condamnée en 1210 par le synode de Sens.

 

-Heiric (841-v 876) et Rémi à Auxerre (v 841-908).

Recueillent l’œuvre grecque de Jean Scot Érigène.

Théorisent la société en 3 ordres : milites, oratores et laboratores.

 

                        3) L’essor des bibliothèques.

 

Les écoles se dotent :

  -de la Bible,

  -des œuvres des Pères,

  -d’ouvrages pédagogiques. Ex : ouvrages de grammaire de Donat et Priscien : l’Ars minor et les Institutiones grammaticae,

  -des œuvres de l’Antiquité romaine. Ex : les Diticha Catonis, recueil de maximes moralisantes attribuées à Caton.

Les moines recopient les manuscrits.

Ils utilisent la minuscule caroline, mise au point à Saint-Martin de Tours, qui leur permet de copier plus rapidement.

Alcuin, devenu abbé de Saint-Martin de Tours, se charge de réviser le texte de la Bible.

Cet essor des bibliothèques est particulièrement important sous Charles le Chauve.

 

 

II. XII-XIIIe s : La mise en place d'un nouveau cadre scolaire.

 

  • XIIe s : Le développement des écoles urbaines.

 

-XIIe s : Les écoles se multiplient parallèlement à l’essor urbain.

1179 : Le concile de Latran III recommande aux écoles d’accorder gratuitement la licentia docendi à tous ceux qui sont reconnus aptes à enseigner.

Il existe donc :

                        -les écoles cathédrales,

                        -les écoles privées.

                        Ex : l’école de Pierre Abélard sur la Montagne Sainte-Geneviève, à Paris.

La plupart sont d’un niveau médiocre.

Elles se contentent d’enseigner à lire et à écrire.

 

-Certaines sont particulièrement brillantes :

  -L’école de Saint-Victor à Paris, créée par Guillaume de Champeaux, après 1108,

  -L’école de Chartres créée dès le début du Xe s.

Ecole connue pour son goût pour les sciences.

 

-Ex : Thierry de Chartres compose un commentaire sur la Genèse.

Il cherche à accorder le récit de la Genèse avec la physique, celle du Timée de Platon dont on connaît un fragment.

Il s’appuie sur l’idée que l’Un engendre le multiple.

Il propose une preuve mathématique de l’existence de la Trinité : (1x1x1=1)

 

  • XIIIe s : Une nouvelle institution : l'université.

 

-L’université naît d’un rassemblement juridique des écoles urbaines.

Les écoles se donnent des statuts communs afin d’organiser la concurrence.

Ex : Les statuts de l’université de Paris définis par Robert de Courçon en 1215.

Les écoles restent indépendantes les unes des autres.

Chaque école est administrée par un maître régent.

 

-Les universités sont spécialisées.

Pour l’étude de la théologie :

  -Paris fondée en 1200,

   -Oxford fondée en 1208,

   -Cambridge, fondée en 1209,

  -Toulouse, fondée en 1229,

Pour l’étude du droit :

  -Bologne, née vers 1120 du rassemblement des écoles notariales et définitivement établie vers 1230.

  -Padoue, née d’une scission d’avec Bologne en 1222.

Pour l’étude de la médecine : Montpellier, née en 1220.

Pour accéder à ces universités spécialisées, il faut avoir étudié au préalable les arts libéraux à la faculté des arts[6].

Il peut arriver que les meilleurs étudiants s’épargnent l’apprentissage des arts.

Ex : à Paris.

  

-Le premier diplôme est celui de bachelier es-arts après 6 ans d’études.

Ensuite, l’étudiant se spécialise.

Ex : en théologie.

L’étudiant devient :

  -bachelier biblique, au bout de 2 ans,

  -bachelier formé, au bout de 2 ans supplémentaires,

  -licencié, au bout de 4 ans supplémentaires,

  -puis : maîtrise.

Un maître doit avoir au moins 35 ans.

Thomas d’Aquin est reçu maître à 31 ou 32 ans mais il est une exception.

 

  • Les techniques d'enseignement.

 

-À Paris, l’année débute le 14 septembre, jour de la fête de la Sainte Croix.

Elle se termine le 29 juin, fête de la saint Pierre et Paul.

L’étudiant se lève vers 5 heures du matin, assiste à la messe vers 6 heures.

Les cours peuvent commencer dès sept heures.

La journée se termine par des conférences ou des séances de discussion.

 

-Hugues de Saint-Victor (+1141) présente les techniques d’enseignement dans son Didascalicon.

L’enseignement scolastique consiste à lire et commenter les textes.

Les différents arts sont subalternés à l’étude des Écritures Saintes.

La finalité de l’étude est d’accéder à celle de la théologie.

La théologie est la matière enseignée la plus parfaite car elle celle qui assure le Salut.

En théologie : le maître doit enseigner les Écritures Saintes.

L’analyse de la Bible est :

                        -littérale,

                        L’analyse littérale dégage à la fois le sens et le contexte.

                        -spirituelle.

Le sens spirituel se divise en sens allégorique (imagée), tropologique (moral), et anagogique (eschatologique).

Les maîtres insistent autant sur l’importance du sens littéral que sur celui du sens spirituel.

Progressivement : d’autres matières émergent.

Elles correspondent à des compétences dont la chrétienté a besoin.

En droit : le maître enseigne :

                        -le Corpus juris canonici,

                        -le Corpus juris civilis.

En médecine : le maître enseigne :

  -les textes d’Hippocrate (Ve s av JC),

→ textes sur les articulations, les os, les fractures…

  -les textes de Galien (IIe s),

→ textes sur le système nerveux, les os…

Ex : Galien souligne le rôle du diaphragme pour la respiration.

  -le Canon d’Avicenne,

  -des textes arabes traduits par un moine du Mont-Cassin, Constantin l’Africain.

Le maître est tenu de :

                        -lire,

                        -disputer.

Le maître en théologie doit, en plus, prêcher régulièrement dans le cadre universitaire.

 

  • Le nouveau statut de la théologie.

 

-Thomas d'Aquin.

Naît vers 1224-1225 à Roccassecca près de Naples.

1230 : Il est offert comme oblat au monastère bénédictin du Mont-Cassin par sa famille.

1239 : Commence à étudier les arts libéraux à Naples.

Il choisit de devenir frère prêcheur.

Avril 1244 : Il intègre l’ordre malgré l’opposition de sa famille.

1245 : Il étudie à Paris.

1248 : Il étudie à Cologne.

1256 : Il est reçu maître en théologie à l’université de Paris.

1261-1265 : Il enseigne à Orvieto.

1265-1268 : Il enseigne à Rome.

1268- Pâques 1272 : Il enseigne de nouveau à Paris.

1272 : Il retourne enseigner à Naples.

Thomas défend l’idée de la théologie comme science spéculative.

La théologie a pour but de parvenir :

-à la connaissance de Dieu,

-à l’illumination intellective par Dieu.

 

Fichier:Le triomphe de Saint-Thomas d'Aquin.jpg — Wikipédia

Benozzo Gozzoli, Le triomphe de Thomas d'Aquin,

Etude : https://bulletintheologique.wordpress.com/2017/02/12/le-triomphe-de-thomas-daquin-de-bonaiuto/ 

 

Thomas récapitule tout le savoir théologique dans sa vaste Somme de théologie, rédigée entre 1268 et 1273, qu’il laisse inachevée.

L’ensemble comporte 512 questions et 2669 articles.

La Somme est composée de 3 parties :

                        -la 1e traite de Dieu et de la création,

                        -la 2nde présente les actes humains,

                        -La 3e traite du Christ et des sacrements.

Thomas lie le schéma néoplatonicien de l’émanation et du retour et l’histoire biblique du salut.

La Somme est à la fois :

  -théocentrique (Dieu est le principe et la fin de toute chose ou l’alpha et l’omega)

  -et anthropocentrique (l’homme émane de Dieu et revient à Dieu).

1273 : Thomas cesse d’écrire.

Thomas meurt le 7 mars 1274 dans l’abbaye cistercienne de Fossanova alors qu’il se rend au concile de Lyon.

 

-Jean Duns Scot.

Naît vers 1265 dans le village de Duns en Écosse.

Entre dans l’ordre des franciscains en 1280.

Etudie la théologie à Oxford vers 1291-1293.

1302 : Enseigne à Paris.

Il est obligé de quitter Paris pour avoir refusé de signer l’appel au concile contre Boniface VIII à la demande de Philippe le Bel.

Il revient à Paris à la fin de l’année 1304.

Fin 1307 : Enseigne à Cologne.

Jean Duns Scot défend l’idée d’une théologie comme science pratique.

La théologie a pour but :

  -d’indiquer comment seule la volonté humaine peut se conformer à celle de Dieu,

  -d’apprendre à mieux aimer.

Il meurt à Cologne le 8 novembre 1308.

 

 

III. Un défi intellectuel : la découverte et l'assimilation des œuvres d'Aristote.

 

  • La traduction des œuvres d'Aristote et de ses commentateurs gréco-arabes.

 

-Jusqu’en 1150 : seules les œuvres de logique d’Aristote sont connues.

Leur traduction a été réalisée par Boèce au VIe s.

 

-De 1150 à 1220 : La réception des nouvelles œuvres se fait en 2 étapes :

  -traductions à Tolède de Dominique Gundissalvi et Gérard de Crémone (1114-1187),

  -traductions à Palerme de Jacques de Venise et Michel Scot.

Les traductions se font :

-de l’arabe en langue vernaculaire,

-puis de la langue vernaculaire en latin.

Ces premières traductions sont souvent défectueuses.

Entre 1260 et 1286 : le dominicain Guillaume de Moerbeke (+1286) tente de nouvelles traductions s’appuyant sur la critique textuelle.

 

-Ces traductions s’accompagnent de celles des commentateurs d’Aristote et notamment :

                        -Avicenne(+1037) : La Métaphysique du Shifa’,

                        -Averroès (+1198) : grands, moyens et petits commentaires,

                        -Moïse Maïmonide (1138-1204) : le Guide des Indécis.

Ces œuvres ne sont pas de simples commentaires : elles contiennent des positions propres à leurs auteurs.

 

  • XIIe s : Le refus.

 

-Pierre Abélard (1079-1142) : une tentative pour utiliser la logique d’Aristote.

Sa vie est connue par son autobiographie : Historia calamitatum (Histoire de mes malheurs).

Pierre Abélard naît au Pallet près de Nantes.

Il étudie les arts libéraux à Paris.

Il est l’élève de Guillaume de Champeaux qui lui enseigne les universaux.

Il enseigne à son tour sur la montagne Sainte-Geneviève à Paris.

Il étudie ensuite la théologie.

Il devient enseignant en théologie.

Son éloquence séduit les étudiants, irrite les maîtres.

Il a pour élève Héloïse la nièce d’un chanoine, Fulbert.

Ils deviennent amants.

Ils se marient secrètement.

Ils ont un enfant : Pierre Astrolabe.

1118 : Il est émasculé par des hommes envoyés par Fulbert.

Il devient moine à Saint-Denis.

Héloïse devient moniale à Argenteuil.

Abélard doit fuir l’abbaye pour avoir critiqué l’historicité de la fondation de l’abbaye par Denys le converti de saint Paul.

Il s’installe dans un ermitage à Nogent-sur-Seine.

Il recommence à enseigner.

1140 : Il est condamné pour hérésie par le concile de Sens.

 

Pierre Abélard développe :

   -la logique,

   -l’éthique en général,

   -la théorie de l’intention en particulier.

Il est le premier à promouvoir un genre de vie philosophique.

Son œuvre est condamnée :

                        -au concile de Soisson en 1121,

                        -au concile de Sens en 1140.

Il meurt malade et dans l’oubli à Cluny le 21 avril 1142.

 

-1210 : Le synode de la province de Sens interdit l’étude des livres de philosophie naturelle d’Aristote.

1215 : Les statuts universitaires de Robert de Courçon interdisent l’étude des œuvres scientifiques et métaphysiques d’Aristote.

1228 : le pape Grégoire IX met en garde les théologiens contre les « nouveautés profanes » car « la foi est sans mérite si la raison humaine lui prête ses ressources ».

  

-13 avril 1231 : Grégoire IX interdit d’étudier les œuvres d’Aristote avant qu’elles n’aient été corrigées de leurs erreurs.

Il constitue une commission présidée par Guillaume d’Auxerre.

Celui-ci meurt le 3 novembre.

La commission est dissoute.

Aristote n’est pas corrigé.

Le pape n’a pas le pouvoir d’interdire la diffusion des œuvres d’Aristote.

La réaction viendra de l’université.

 

  • XIIIe s : L'assimilation.

 

-Albert le Grand (1200-1280).

=dominicain.

Naît vers 1200.

Etudie à Bologne et à Padoue.

Entre chez les prêcheurs en 1223 ou 1229.

Il poursuit ses études à Cologne.

Maître à l’université de Paris de 1245 à 1248.

1248 : Il part à Cologne fonder un studium pour les dominicains.

Il y enseigne jusqu’en 1252.

Il est le maître de Thomas d’Aquin qui est son assistant.

1260 : Il devient évêque de Ratisbonne.

Image illustrative de l’article Albert le Grand

Tommaso da Modene, 1332.

 

Albert le Grand a la volonté de rendre Aristote « intelligible aux Latins ».

Il prend connaissance de toutes les sources gréco-arabes traduites en latin de son époque.

L’œuvre d’Albert est immense.

Elle est :

                        -théologique,

                        -philosophique,

                        -scientifique.

Albert rédige de nombreux traités et commentaires : un traité De animalibus dans lequel il étudie notamment les oiseaux de proies, des sommes de théologie…

Albert est le premier :

-à séparer foi et raison,

-à montrer la possibilité de développer un raisonnement philosophique autonome.

Il rompt ainsi avec l’enseignement traditionnel qui subordonnait la philosophie à la théologie.

Albert est usé par le travail.

Il meurt à Cologne en 1280, détaché de tout.

 

-A partir de 1240 : les maîtres es-arts enseignent Aristote.

21 décembre 1247 : le légat Odon de Châteauroux met en garde les maîtres contre toute immixtion de la philosophie en théologie.

19 mars 1255 : La Faculté des Arts de Paris rend obligatoire l’étude des œuvres d’Aristote.

 

-Maîtres es-arts et Maîtres en théologie interprètent Aristote différemment.

 

 

III. Les controverses.

 

  • La controverse parisienne de 1270 sur l'éternité du monde.

 

-Aristote enseigne l’éternité du monde dans :

  -le livre VIII de la Physique,

  -à la fin du premier livre du traité Du Ciel.

Il enseigne que le créateur s’est retiré du monde.

Aussi :

                        -il n’est pas la cause finale de la création,

                        -il n’est pas provident.

Ces affirmations sont contraires à l’enseignement de l’Église.

 

-Une thèse enseignée par les maîtres de la faculté des arts.

Ex : Siger de Brabant.

Vers 1266-1267 : un franciscain, Guillaume de Baglione, relève que certains philosophes affirment l’éternité du monde.

 

-Bonaventure, maître franciscain, défend la thèse d’un monde créé ex nihilo.

Thomas d’Aquin défend une position plus intermédiaire :

-rien ne permet d’affirmer que le monde n’est pas éternel,

-une telle affirmation relève de la foi.

Le débat ne prend pas fin.

Les maîtres es-arts continuent d’enseigner l’éternité du monde.

Ex : Boèce de Dacie, vers 1271-1272.

=Philosophe et grammairien danois, maître es-arts à Paris entre 1265 et 1270.

 

  • La controverse parisienne de 1270 sur la liberté philosophique.

 

-Dans le Livre X de l’Éthique à Nicomaque, Aristote enseigne qu’il est possible :

  -de parvenir à la sagesse philosophique en s’appuyant sur l’activité de l’intellect,

  -de parvenir au bonheur en cette vie.

Cette thèse est contraire à l’idée chrétienne du bonheur :

  -qui est post mortem,

  -qui ne peut s’obtenir sans la grâce.

 

-Certains maîtres es-arts enseignent cette thèse.

Ex :

  -Siger de Brabant,

  -Boèce de Dacie, dans son traité De Summo Bono, rédigé vers 1270.

Ils s’appuient sur l’interprétation du Livre X, c. 7 de l’Éthique faite par Albert le Grand.

Pour Boèce de Dacie, celui qui ne mène pas une vie conforme à l’intellect n’est pas pleinement homme.

 

-1267 : Bonaventure intervient dans le débat.

Il condamne ceux qui :

  -recherchent le bonheur hors de tout enseignement évangélique,

  -pratiquent les vertus morales sans s’appuyer sur la foi.

Il défend l’idée que l’intellect de l’homme doit être « captif du Christ ».

Thomas d’Aquin défend une position plus nuancée.

Il affirme, notamment dans sa Somme contre les Gentils, rédigée entre 1259 et 1265 :

  -qu’il est possible d’accéder au bonheur en cette vie,

  -que le bonheur terrestre préfigure le bonheur béatifique.

 

  • Les grandes condamnations universitaires.

 

-L’évêque de Paris, Etienne Tempier, condamne 13 thèses philosophiques.

1er avril 1272 : un nouveau statut de la faculté des arts interdit aux maîtres es-arts de disputer d’une question théologique.

Les débats continuent.

 

-Janvier 1277 : Jean XXI demande à Etienne Tempier un rapport sur les erreurs enseignées à l’université.

7 mars : Etienne Tempier condamne 219 thèses philosophiques.

Certaines sont :

                        -théologiques : elles remettent en cause la toute puissance divine,

                        -d’autres sont éthiques : elles promettent le bonheur en cette vie.

Sont visés :

                        -les maîtres es-arts qui enseignent ces doctrines,

                        -et certainement, indirectement, Thomas d’Aquin.

18 mars : la condamnation parisienne est reprise à Oxford.

Ces condamnations mettent fin provisoirement à la tentative d’émancipation de la philosophie.

Les débats ne sont pourtant pas apaisés.

 

  • Des enseignements critiqués.

 

Les débats universitaires deviennent progressivement des débats logiques.

Les enseignements sont critiqués.

Seules quelques universités se distinguent à la fin du Moyen Âge.

Ex : Salamanque et sa faculté de droit.

Les attentes changent : il ne s'agit plus de former des clercs mais de diffuser une culture.

 

 

Jean-Marc Goglin (Ph D)

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