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La présence chinoise en Afrique

Consigne : Montrez que l’influence est à la fois économique et politique. Expliquez cette influence croissante. Discutez la dernière phrase du texte.

 

Doc 1 : Carte à consulter

https://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/afrique-dynamiques-regionales/articles-scientifiques/presence-economique-chinoise-en-afrique

 

Doc 2 :

[...] En 2003 eut lieu le premier Forum de coopération Chine-Afrique (FOCAC), qui organise dès lors les échanges commerciaux entre les deux parties. Ses conséquences furent immédiates : dès 2009, la Chine est devenue le premier partenaire commercial du continent. Entre 2003 et 2022, les échanges chinois avec l’Afrique ont été multipliés par 30, pour atteindre les 282 milliards de dollars. [...]

Les interventions chinoises en Afrique sont avant tout d’ordre économique. La Chine a consolidé ses positions dans les secteurs des industries extractives, dans l’industrie manufacturière mais aussi et surtout en finançant et en créant des infrastructures ferroviaires, routières et portuaires. Ces projets sont souvent le fruit d’une main d’œuvre chinoise importante : en 2022, on dénombrait la présence de 88 000 travailleurs chinois en Afrique. Parallèlement, la dépendance économique de l’Afrique vis-à-vis du marché chinois s’accroît rapidement.

Les Chinois sont aussi présents dans les opérations de maintien de la paix et la Chine use de son droit de veto au Conseil de sécurité des Nations Unies pour entraver les possibles ingérences internationales dans les affaires africaines, ce qui lui sert de monnaie d'échange diplomatique et économique. Inversement, Pékin convoite les voix des États africains pour défendre ses propres intérêts dans les instances internationales (dans ses relations avec Taïwan par exemple). Contrairement aux Européens, la Chine n'impose pas de conditions politiques en échange de ses investissements et ne pose pas de questions sur les Droits humains. Les Chinois s'efforcent d'emporter l'adhésion des gouvernants africains et, autant que possible, des populations, en se centrant sur un échange largement fondé sur l’extraction de matières premières contre des infrastructures : construction de ports, de routes, de barrages (par exemple, sur l'Omo en Éthiopie, ou le barrage de Merowe au Soudan), de stades et d'hôpitaux, de zones industrielles (parc industriel sino-éthiopien de Dukem). Ils prennent souvent en charge une large partie, voire la totalité des travaux et s'installent alors parfois durablement, créant des villages ou des quartiers chinois, multipliant les installations d'entreprises ou de commerces.

[...] Pour toutes ces raisons, le terme de « Chinafrique » est à utiliser avec précaution, voire à bannir, ce que soutiennent de nombreux auteurs, à l’instar par exemple de Thierry Pairault (2018) ou Xavier Aurégan (2024, 2025). La Chine contribue certainement à la « désoccidentalisation » de l'Afrique. Elle contribue aussi largement à l'actuel décollage économique de plusieurs pays africains comme l'Éthiopie et au transfert de nouvelles technologies adaptées au continent. Mais il n’y a jamais vraiment eu de « ruée chinoise » sur le continent.

 

Source : https://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/chinafrique

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