Raphaël Mathevet, chercheur CNRS, Publié: 13 janvier 2021, 19:15 CET
« Avec notre entrée dans l’anthropocène – cette période où les activités humaines sont devenues une nouvelle force géologique affectant l’ensemble des écosystèmes planétaires ainsi que le climat –, la défense de la biodiversité et des conditions de la vie sur terre est devenue un enjeu central. Mais selon les contextes géographiques et politiques, les écologistes et biologistes de la conservation se sont réclamés de différentes écoles et ont adopté différentes postures au fil des décennies.
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L’écologie de l’obstination
L’écologie de l’obstination s’est entêtée depuis longtemps à préserver des écosystèmes et paysages à forte naturalité ainsi que des espèces sauvages emblématiques. Elle repose souvent sur une gestion qui cherche à protéger une nature généralement idéalisée, quitte à intervenir fortement par des réintroductions et des régulations d’espèces ou le contrôle de processus comme les feux ou les inondations. Cette écologie cherche à défendre une nature sauvage en excluant autant que possible les activités humaines extractives et ne remet pas en cause le modèle économique dominant. […]
L’écologie de la réconciliation
Courant devenu majoritaire dans les années 1990, l’écologie de la (ré)conciliation milite pour des aires protégées où les humains sont impliqués dans des approches participatives de conservation intégrée aux actions d’exploitation des ressources naturelles et de développement. […] Si elle se résout à accepter le modèle économique dominant, elle porte des modes de gestion adaptés au contexte local ainsi que des politiques réformistes et contractuelles qui invitent à prendre soin ou du moins faire bon usage de la nature. […]
L’écologie du renoncement
Courant de pensée apparu dans les années 2000, l’écologie que nous qualifions d’écologie du renoncement – parce qu’elle a renoncé au dualisme entre nature et culture et à l’autonomie du vivant –, considère que les humains ont définitivement bouleversé le fonctionnement des écosystèmes. […] Les humains peuvent aménager ces natures hybrides pour les rendre désirables et/ou plus productives. […] L’humain a vocation à y contrôler sinon piloter les écosystèmes dont il fait partie intégrante, à valoriser le capital naturel et les services écosystémiques dans des partenariats privé-public. […]
L’écologie du sauvage
Enfin, plus récente, l’écologie du sauvage cherche au contraire à promouvoir l’idée que la nature n’a pas besoin des humains. Les activités humaines doivent protéger ou coopérer avec le monde vivant, en laissant s’exprimer les forces autonomes et évolutives qui l’animent. […] Cette écologie transformative rejette souvent la structure de base du productivisme extractif au profit de systèmes collaboratifs et sobres. Elle cherche une redistribution du pouvoir au sein de l’économie politique et détourne volontiers le droit de propriété pour ne pas exploiter ni contrôler le vivant.
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Ces différentes écologies montrent une diversité de manières de prendre en charge les conséquences de la reconnaissance que l’humain s’inscrit toujours dans l’entrelacs des interdépendances écologiques. Au-delà des catégories et oppositions passées – naturel versus artificiel, sauvage versus domestique, protégé versus exploité – il s’agit désormais de promouvoir les solidarités écologiques, de défendre la nature et la vie en tout lieu en faisant enfin des humains les véritables compagnons de la biosphère. »
Source : https://theconversation.com/les-quatre-ecologies-de-lanthropocene-152490
Consigne : Construire un tableau à double entrée
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Rapports homme/environnement
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Mode d’exploitation
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Politique de préservation
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